Haut potentiel des filles: “Et si elle était surdouée”?

Bessi fille 2

Dans cet article, je vous propose le résumé d’un livre sur les filles à haut potentiel. Il m’a beaucoup intéressée!

Titre: Et si elle était surdouée ?
Auteur : Doris Perrodin-Carlen
Année de parution : 2015

Haut potentiel livre

Après une partie théorique sur le haut potentiel, l’intelligence et sa mesure, l’auteur détaille les différences entre les filles et les garçons. Elle explique pourquoi il est important de reconnaître le haut potentiel, particulièrement chez les filles, et propose des pistes pour accompagner au mieux les enfants. Elle termine en évoquant les femmes à haut potentiel.

Qui sont les enfants à haut potentiel ?

Les spécialistes utilisent différents termes pour désigner le haut potentiel : enfant précoce, surdoué, doué, intellectuellement précoce (EIP), à haut potentiel intellectuel (HPI). Dans les pays francophones, on semble actuellement préférer l’appellation d’enfant à haut potentiel (HP).

Pour mesurer l’intelligence (le concept est vaste…), les psychologues utilisent un test de QI dont il existe plusieurs versions selon l’âge (WPPSI IV, WISC IV et WAIS IV) qui sont régulièrement mises à jour.

En général, on considère qu’une personne qui a 130 ou plus à un test de QI est à haut potentiel. Mais de nombreux autres éléments sont à étudier donc les psychologues effectuent un bilan psychologique (test de QI mais aussi exploration de la personnalité dans son ensemble). Ils prennent aussi en compte les observations de l’entourage. Un bilan complet peut aussi permettre de détecter des troubles tels que de la dyslexie, de l’hyperactivité…

Les enfants HP sont tous différents mais on remarque quelques caractéristiques communes aux niveaux:
Intellectuel : qualité du raisonnement, vocabulaire riche…
Affectif : émotivité et sensibilité exacerbées
Sensoriel : capacités sensorielles très développées
Ils se sentent souvent en décalage avec les autres ou en décalage intra individuel (par exemple entre leur niveau intellectuel et psychomoteur). Cela peut vite devenir difficile à gérer pour eux comme pour l’entourage car cela provoque beaucoup de frustration (accentuée par leur grande émotivité).

Différences entre filles et garçons

Identité sexuée et stéréotypes de genre

Haut potentiel, identité sexuée
Elle dépend des caractéristiques biologiques mais aussi d’autres aspects comme la socialisation.

A la naissance, les filles sont plus sensibles aux sons, les garçons aux images. En grandissant, les garçons font preuve de plus d’aptitudes visuo-spatiales.

On a tendance à ne pas socialiser les filles et les garçons de la même manière même si l’on n’en a pas conscience.

Les enfants construisent leur identité sexuée :
– En observant d’autres humains
– Selon ce qu’ils découvrent à la télévision, dans les livres (tout est « orienté », il y a par exemple beaucoup plus de héros que d’héroïnes)
-Avec les jouets mis à leur disposition (les jouets des garçons comme les jeux de construction vont plus développer leur intérêt pour les sciences).

Haut potentiel: les filles doivent être calmes...
On incite les filles à être calmes… et les garçons à être plus vifs…

 

Haut potentiel: dans leur environnement
Des spécialistes affirment que les filles sont aussi plus restreintes dans l’exploration de leur environnement.

Tout ceci implique une moindre stimulation de leurs capacités visuo-spatiales.

Haut potentiel

En mathématiques, en début de scolarité, les filles et les garçons ont les mêmes capacités. Au fil des années, les filles abordent les sciences avec anxiété et finissent par être sous-représentées dans ces filières pour toutes ces raisons.

De plus, les adultes accordent moins d’importance à leur réussite dans ces matières et ne l’attribue pas aux mêmes raisons : du travail pour les filles, des aptitudes pour les garçons, ce qui influe sur les performances.

Les adolescentes peuvent même craindre de perdre leur féminité si elles s’intéressent aux mathématiques.

De plus, les modèles de femmes scientifiques performantes sont très rares

Haut potentiel: Marie Curie
Elle devait se sentir bien seule, Marie Curie…

Centres d’intérêt, intégration et confiance

Chez les enfants HP, les centres d’intérêt sont plus proches entre les filles et les garçons. Les filles HP se sentent donc partagées entre ce qu’elles aiment et le fait de vouloir s’adapter à l’ensemble des filles de leur âge. Les enfants HP peuvent avoir du mal à gérer les interactions sociales. Les filles HP sont souvent victimes de leur empathie et sensibilité pour se suradapter. Celles qui ont d’excellentes performances peuvent même être rejetées, ce qui peut être d’autant plus difficile à gérer du fait de leur grande sensibilité. Elles finissent parfois par cacher leurs performances pour être intégrées ce qui peut impliquer une perte de confiance en elles et en leur capacité et compromettre leur futur.

Pour que le développement d’un enfant soit harmonieux, il faut que ses capacités soient adaptées aux attentes de son entourage. Les parents doivent encourager, répondre aux demandes sans pour autant avoir trop d’exigences.

Les filles doutent plus vite que les garçons de leurs capacités (elles ont plus tendance à attribuer leurs réussites à la chance etc…), ont souvent plus peur de l’échec et redoutent la prise de risque. Elles peuvent vite se dévaloriser, perdre confiance : elles ont besoin de beaucoup de reconnaissance et d’encouragements.

Reconnaître le haut potentiel chez les filles

Elles n’ont pas forcément d’excellentes notes contrairement à celles qu’une élève très scolaire pourrait avoir.

Haut potentiel et fonctionnement
Chacune a un fonctionnement qui lui est propre.

• Les parents

Ils repèrent en général assez vite même s’ils pensent plus facilement à une fille très intelligente qu’avec un haut potentiel. Elle peut parler très tôt par exemple, ou encore très tard mais seulement une fois qu’elle maîtrise le langage. Elle aura tendance à être très curieuse, observatrice, avoir un fort caractère, adorer les jeux de mots…

• Les parents et les enseignants

Il est important que l’école reconnaisse les capacités d’une fille HP pour les valoriser. Sinon, si elle est « sous-stimulée », elle risque de ne plus vouloir aller à l’école. Un dialogue entre les parents et les enseignants est fondamental.

• Les enseignants

Ils doivent garder à l’esprit qu’ils peuvent être victimes de préjugés quant aux capacités des filles HP qui peuvent de plus cacher leurs capacités.

 

Haut potentiel et différence
Dès l’entrée à l’école, une fille HP se sent différente parce que son langage est plus complexe que les autres enfants.

Il y aurait 6 profils d’élèves douées :

°Qui réussit bien
°Provocatrice
°Effacée
°A risques
°Doublement exceptionnelle (avec un trouble comme de la dyslexie ou de l’hyperactivité)
°Autonome

Diagnostiquer le haut potentiel

• Que peut apporter une identification officielle ?

Une identification précoce aura un rôle de prévention par rapport aux difficultés qu’une fille HP pourrait rencontrer plus tard. Elle pourra ainsi être mieux accompagnée.

• Prise de conscience pour les filles

Cette étape est importante car elle leur permet de mieux connaître leur fonctionnement intellectuel et affectif, donc à mieux s’accepter, à mieux développer leurs capacités et à être plus épanouies.
Cela permet aussi aux parents et aux enseignants de créer une autre dynamique pour les accompagner.

• Prise de conscience pour les parents

Ils peuvent hésiter à en parler par peur de passer pour des prétentieux. Suite au diagnostic ils passent par plusieurs étapes jusqu’à l’acceptation du fonctionnement de leur fille.
Les filles HP supportent mal la frustration, ont besoin de comprendre les choses. Cela peut être culpabilisant et épuisant pour les parents.

Haut potentiel: rassurer et donner un cadre
Les filles HP ont besoin d’être rassurés donc les parents doivent leur montrer qu’ils sont présents tout en définissant un cadre.

• Prise de conscience pour les enseignants

Il est important de créer un lien de confiance et de stimuler la fille HP d’une manière adaptée (ni trop ni trop peu).

Suggestions pour les parents et les enseignants

L’auteure propose des pistes pour travailler avec des filles HP : les accepter telles qu’elles sont, savoir qu’elles peuvent être brillantes mais effacées, rester attentifs aux émotions qu’elles expriment verbalement ou non, les encourager à développer leur estime de soi, valoriser leurs capacités élevées…

Haut potentiel: des pistes

Les élèves HP peuvent percevoir l’effort comme contraignant surtout si elles ont toujours eu de bons résultats sans en faire. Elles n’ont pas non plus de stratégie d’apprentissage et leurs résultats finissent par chuter au moment où elles doivent fournir des efforts.

Quelles solutions pédagogiques l’école peut-être apporter ?

Attention aux filles qui ne développent pas forcément tout leur potentiel en classe malgré des résultats qui peuvent laisser croire que tout va bien à l’école.

• Mesures de différenciation en classe

L’enseignant crée des situations d’apprentissage qui permettent à chacun d’acquérir de nouvelles connaissances selon son propre rythme.
Il peut donner un « plan de la semaine », c’est-à-dire du travail (proposé ou choisi par l’enfant) que l’élève pourra faire en autonomie (jeux de vision spatiale…).
L’enseignant peut proposer un travail en ateliers à la classe, mettre en place des projets (voir ici) etc…

Haut potentiel: autonomie
Proposer des jeux à faire en autonomie

• Mesures d’approfondissement

En Histoire, on peut proposer à une fille HP d’étudier des personnages qui ont marqué la période étudiée en classe par le reste de la classe.

• Mesures d’enrichissement

Quand un travail est fini en avance, on peut proposer un coin découverte avec du matériel stimulant (de quoi faire des expériences scientifiques…) ou encore un projet de recherche.

Haut potentiel: tangram

On peut les inciter à créer un portfolio de compétences dans lequel elles mettent une trace (photo…) de tout ce qu’elles ont réalisé et dont elles sont fières.

Il est bénéfique de pouvoir regrouper des élèves HP, même les filles qui ne dérangent pas la classe… (minimum une demi-journée par semaine) en parallèle d’une différenciation pédagogique dans la classe habituelle.

On peut proposer des activités extrascolaires (une langue qui n’est pas enseignée à l’école…) ou encore aller dans des classes sport-étude.

• Mesures d’accélération

On peut faire faire le programme de manière accélérée, suivre avec le niveau du dessus dans le cas d’une classe à plusieurs niveaux pour préparer un saut de classe en douceur (l’élève doit pouvoir étudier les aspects du programme des deux années).

Le saut de classe peut être envisagé quand une élève HP est en souffrance à cause de la sous-exploitation de ses capacités. Cependant, le décalage entre le niveau intellectuel et la maturité affective est souvent un frein à un saut. Il est important de bien identifier la maturité socio-affective car une élève HP sous-stimulée peut aussi se renfermer sur elle-même, ce qui fausse l’interprétation. L’élève HP doit être en accord avec la décision et l’enseignant qui va l’accueillir devra y être très attentif, la rassurer, lui laisser un temps d’adaptation de quelques semaines et envisager de nouvelles adaptations pédagogiques.

• Le redoublement

Un soutien scolaire est en général plus adapté à une élève qui aurait des difficultés.

Filles HP devenues femmes

Beaucoup de femmes douées n’ont pas conscience de leur potentiel exceptionnel, seulement de leur douleur et se sentent en décalage. Et même quand une femme HP a été identifiée, elle rencontre très souvent des difficultés à associer carrière et famille.

Haut potentiel: carrière des femmes
Celles qui se réalisent professionnellement ont tendance à renoncer au mariage et aux enfants.

Mais il n’est jamais trop tard pour qu’une femme prenne conscience de son potentiel et/ou se réalise.

Conclusion

La reconnaissance et une prise en charge adaptée des enfants HP, particulièrement des filles (puisqu’elles sont beaucoup moins souvent détectées car posent moins souvent “des problèmes”) est fondamentale. L’auteure souhaite que des mesures soient prises pour aller encore plus loin.

Mon avis sur le livre

J’ai trouvé ce livre passionnant. Même si de nombreuses pistes (comme la différenciation en classe) peuvent être adaptées également aux garçons HP, même à tous les élèves quelle que soit leur spécificité, il me parait en effet très important de souligner les différences entre les filles et les garçons HP pour toutes les raisons expliquées dans cet ouvrage. Prendre conscience des stéréotypes que l’on a sur les filles et les garçons (même s’ils ne sont pas HP…) me paraît aussi fondamental.

L’auteure propose plein de pistes concrètes pour accompagner les filles HP en classe. Je trouve cela très bien mais je tiens tout de même à souligner que, dans une classe, chaque enfant est différent et que chacun mériterait que l’on individualise son apprentissage (avec différents degrés). Le nombre d’élèves, les contraintes matérielles font que l’on ne peut pas toujours aller aussi loin que ce que l’on voudrait/pourrait.

Je voulais aussi souligner que chaque enfant étant différent, HP ou non, il est toujours nécessaire de faire du cas par cas !

Mais cela n’empêche pas de mettre en place des choses qui tendent vers toutes ces propositions.

C’est un résumé du livre donc si certains points vous « parlent », je vous encourage à le lire en entier !

N’hésitez pas à me donner votre ressenti dans les commentaires !

Photos:

Couverture: Bessi.

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